Etudes AIRPARIF sur la qualité de l’air en Ile-de-France
Les concentrations en pesticides dans l’air francilien mises en avant par l’association AirParif ne signifient pas nécessairement qu’il y a une dégradation de la qualité de l’environnement ou un risque pour la santé.
Pourquoi des traces de pesticides dans l’air ?
La plupart des traitements phytopharmaceutiques étant réalisés par pulvérisation, une partie des quantités appliquées peut se retrouver dans l’atmosphère. Par ailleurs l’évolution considérable des techniques de mesure et le renforcement de la surveillance permettent aujourd’hui de retrouver des traces, même infimes, de produits dans l’air.
Les concentrations mesurées dans l’air dépendent des propriétés intrinsèques des molécules utilisées (aptitude à la volatilisation, durée de vie dans l’atmosphère…) mais aussi des systèmes de pulvérisation utilisés, de la nature de la formulation, du type de culture et surtout des conditions climatiques (température, humidité, vitesse du vent...).
Quels risques pour la santé ?
Tout d’abord, les teneurs relevées dans le cadre de l’étude menée par AirParif sont très faibles et s’expriment en nanogramme/m3. Elles concordent avec les résultats des diverses études disponibles à ce jour sur le sujet.
À titre de comparaison, 1 nanogramme/m3 représente environ 1 sucre dans 6 millions de boites de sucre de 1 kilo.
D’autre part, conformément aux exigences de la Directive 91/414/CEE, tout pesticide doit faire l’objet d’une identification et d’une évaluation des risques pour la santé et l’environnement sur la base de nombreuses études (300 en moyenne) avant sa mise sur le marché.
Concernant les études relatives à l’air, l’aptitude à la volatilisation à partir des végétaux ou du sol ainsi que la vitesse de dégradation des produits sont calculées.
Le risque pour la santé en cas de présence de produits phytopharmaceutiques dans l’air est évalué pour un individu au travers de 3 situations :
- L’applicateur qui pulvérise du produit.
- Une tierce personne qui est présente sur les lieux au moment de la pulvérisation.
- Une personne qui retourne dans le champ après la pulvérisation.
Seuls les produits ne présentant pas de risque dans les conditions d’emploi recommandées peuvent être mis sur le marché.
Limiter la présence de pesticides dans l’air : les actions de l’UIPP
L’application des bonnes pratiques agricoles reste déterminante pour limiter la présence de produits dans l’air (respect des conditions d’emploi liés à la dose, au mode d’application, au réglage du pulvérisateur et aux conditions climatiques). Aussi, l’UIPP s’est engagée dans de nombreuses actions de formation et de sensibilisation et participe à la rédaction et à la diffusion d’un ensemble de recommandations à destination des applicateurs de produits pour une utilisation optimale. Il s’agit notamment de traiter de préférence tôt le matin ou tard le soir, ne pas pulvériser avant la pluie, en présence de vent ou par temps très chaud, autant de conditions qui favorisent la volatilisation des produits).
L’UIPP s’associe à des campagnes de mesures des produits phytopharmaceutiques sur le terrain.
L’UIPP contribue également aux travaux réalisés par l’un des groupes de travail du Comité d’Orientation pour des Pratiques Agricoles Respectueuses de l’Environnement (CORPEN) qui aborde notamment les mesures à envisager pour réduire le transfert des produits dans l’atmosphère. Une publication est disponible.
