Interview d’expert : “Miser sur la prévention”
Publié le 1 décembre 2011
4 questions à Ronan Vigouroux, responsable des actions « bonnes pratiques » au sein de l’UIPP…
1- En quoi consiste votre travail ?
Je suis responsable au sein de l’UIPP des actions « bonnes pratiques » pour l’utilisation des pesticides. Mon rôle ? Améliorer la sécurité sur les lieux de travail des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques. Ma principale mission : former des agriculteurs dans le cadre du Certiphyto* . J’encadre ainsi une douzaine de formateurs qui interviennent sur le terrain auprès des utilisateurs de pesticides. Car améliorer l’utilisation des pesticides c’est améliorer la sécurité des agriculteurs, des consommateurs mais aussi de l’environnement.
2- Parlez-nous de l’Ecole des Bonnes Pratiques. Quel est son concept ?
Créée par l’UIPP en 2005, cette Ecole cherche, par tous les moyens, à réduire l’exposition des professionnels aux pesticides. Si je prends l’exemple d’un groupe pilote de viticulteurs que nous suivons, nous commençons par faire un diagnostic poussé de leurs phases d’exposition, avant d’étudier toutes les pistes possibles d’amélioration (formation, mise aux normes de l’exploitation, amélioration des équipements de traitement et de protection…). Nous développons ainsi une véritable expertise en association avec plusieurs partenaires de la filière agricole pour réunir le maximum de compétences et pouvoir appliquer ces bonnes pratiques sur le terrain.
3- Votre plus grande fierté ?
Sans conteste, la formation des utilisateurs de pesticides : plus de 15 000 agriculteurs ont été formés en seulement 5 ans. C’est un travail énorme et nous en sommes très fiers. D’autant plus que nous avons été volontaires et précurseurs sur ce sujet. Pour rappel, nous avons commencé ces formations en 2005 et elles sont maintenant obligatoires (dans le cadre du Certiphyto*) depuis 2010.
4- Un défi particulier à relever dans les années à venir ?
Il faut repenser les situations de travail et supprimer les facteurs d’exposition aux pesticides en amont et ne pas tout centrer sur le port d’équipement de protection. Concrètement, nous devons recenser toutes les phases d’expositions (remplissage du pulvérisateur, lavage des équipements, réentrée dans le champ après traitement…) et voir ce que nous pouvons faire pour protéger au mieux les utilisateurs. Nous travaillons ainsi actuellement sur un projet avec des designers / ergonomes pour mieux penser les outils utiles aux agriculteurs.
*Certiphyto est un certificat d’aptitude destiné aux conseillés, distributeurs et utilisateurs professionnels des produits phytopharmaceutiques.