Grenelle de l'environnement : les conséquences
Le Grenelle de l’environnement prévoit une réduction, « si possible », de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici à 2018 et le retrait des produits jugés les plus « préoccupants ».
Objectif de réduction des pesticides de 50% « si possible » d’ici à 2018.
Une des propositions visant les produits phytopharmaceutiques est l’objectif de réduction de moitié de l’usage de ces produits sous dix ans, si possible, et moyennant la mise en place de méthodes alternatives.
Un frein à la compétitivité et à la qualité
Avec un objectif de réduction de 50% des utilisations de produits phytopharmaceutiques à horizon 2018, la France se prive de nombreuses solutions agronomiques et cette situation impose l’anticipation. Sans la mise en œuvre rapide de solutions alternatives techniquement efficaces et économiquement viables, l’agriculture française ne pourra maintenir sa compétitivité et des importations de produits agricoles pourraient alors être nécessaires.
A l’heure où les questions de sécurité alimentaire sont particulièrement prégnantes, il serait paradoxal que la France, première puissance agricole européenne, soit dans quelques années obligée de recourir à des importations qui, si elles sont surveillées, ne présentent pas toujours les mêmes garanties de sûreté que des produits européens.
Au-delà de l’impact réel sur l’industrie, c’est de notre avenir agricole et tout simplement de notre accès à une alimentation saine qu’il s’agit.
Innovation, climat, pression des maladies : comment planifier ?

L’avancée des recherches sur les nouveaux produits et les solutions alternatives, la formation des agriculteurs et l’évolution des comportements réclament un délai et des ressources qu’il est difficile d’anticiper à ce stade.
Des décisions arbitraires fixant des objectifs irréalistes en la matière ramèneraient inévitablement à la situation de relative pénurie dont notre société est sortie voici 40 ans à peine. Une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement est une agriculture qui intègre tous les moyens modernes de production.
De plus, l’utilisation des pesticides reste étroitement liées aux conditions climatiques et à la pression des parasites sur les récoltes.
Ainsi, les conditions climatiques particulières de 2007 et 2008 (alternance de douceur et d’humidité) expliquent la hausse des volumes de produits phytopharmaceutiques.
Les agriculteurs ont du faire face à des infestations importantes de mildiou sur pomme de terre et sur vigne, de septoriose sur céréales...etc et recourir à des traitements réguliers, dans le respect des recommandations d’emploi, pour protéger les récoltes.
Le Point de vue de l’UIPP :
L’UIPP aurait jugé préférable de fixer un objectif de réduction d’impact plutôt qu’un objectif de réduction des quantités de pesticides. Celui-ci est par définition difficile à déterminer compte tenu, entre autres, des aléas climatiques, de la pression parasitaire, et du temps nécessaire au développement des alternatives aux pesticides.
L’UIPP regrette que les indicateurs retenus ne prennent pas suffisamment en compte l’innovation (réduction des doses et amélioration du profil des pesticides) et le suivi de l’impact des produits dans l’environnement.
Retrait des substances actives les plus préoccupantes
Suite au Grenelle de l’environnement, les ministères se sont engagés à mettre en œuvre le retrait des produits jugés les plus préoccupants dits « substituables » (pour lesquels il existe des substances alternatives moins toxiques).
Le Point de vue de l’UIPP.
Cette décision revêt un caractère arbitraire, concernant certaines substances.
Ces décisions ne sont pas basées sur la mise en évidence d’effets particuliers sur la santé ou l’environnement. Elles relèvent du principe de précaution contre un danger potentiel (effet toxique ou indésirable des substances actives), et non d’une gestion des risques (qui tient compte de la probabilité d’exposition à ce danger dans les conditions réelles d’emploi).
Certaines molécules retirées du marché en France font l’objet d’une autorisation communautaire. Les agriculteurs français son ainsi privés de produits qui sont à la disposition de leurs collègues européens. Dans un souci d’équité, il est donc essentiel de respecter la réglementation communautaire dans la définition des substances à exclure.
