Agriculteurs : quels risques ?
Les produits phytopharmaceutiques ne sont pas des produits anodins. Il est donc nécessaire pour les agriculteurs de prendre des précautions lors de leur utilisation. Celles-ci sont clairement définies lors de la procédure d’autorisation de mise sur le marché et sont notamment reprises sur l’étiquette des produits.
La sécurité de l’utilisateur est prise en compte dans le dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché

Des études complémentaires sont menées pour mesurer l’impact réel des produits phytopharmaceutiques sur la santé des agriculteurs à long terme.
Certains incidents sont parfois rapportés, dans le cadre de l’Observatoire de la Mutualité Sociale Agricole (MSA): maux de tête, troubles digestifs et irritations cutanées. Ce constat rappelle à quel point il est important de suivre les recommandations d'emploi figurant sur l’emballage.
Une bonne organisation du travail, un matériel bien réglé, le port d’équipements de protection et le suivi des recommandations d’emploi figurant sur l’emballage permettent à l’utilisateur de protéger sa santé.
Plutôt moins de cancers chez les agriculteurs
Tous types de cancers confondus, les agriculteurs ont moins de cancers que la population générale, exceptés pour certaines formes qui ne semblent pas être nécessairement imputables à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
Ainsi selon une étude de référence, l’« Agricultural Health Study » , réalisée aux Etats-Unis sur 52 395 agriculteurs et 32 347 conjoints d’agriculteurs, entre 1993 et 1999 :
- Les agriculteurs ont moins de cancers que la population générale,
- Certains cancers semblent cependant plus fréquents : cancers hématopoïétiques, cerveau, prostate, peau et lèvre
- Les agriculteurs, compte tenu de leurs activités, sont plus exposés à certains facteurs de risques tels que le soleil (principale cause des cancers de la peau), les hydrocarbures (diesel…), les mycotoxines, les virus transmis par les animaux (élevage)… qui pourraient être impliqués dans ces maladies.
De plus, en l'état des connaissances actuelles, il n’existe pas de preuve scientifique qu’un pesticide soit un agent causal avéré de cancer, hormis les composés arséniés désormais interdits.
L'UIPP s'engage pour la sécurité
La sécurité des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques est au cœur de la démarche de l’UIPP.
Des suivis à long terme des utilisateurs sont menés. Depuis 1999, l’UIPP participe sous forme de convention à usage libre à des études épidémiologiques axées sur la santé des agriculteurs.
- En Guadeloupe, l’UIPP, l’Inserm et les hôpitaux de Pointe-à-Pitre et Cochin (Paris) suivent en parallèle des personnes travaillant dans les bananeraies et des personnes qui n’y travaillent pas. Il n’a pas été découvert de lien entre l’exposition aux pesticides et la fertilité des agriculteurs.
- L’UIPP collabore avec le Groupement régional d’études sur le cancer (Grecan) de l’université de Caen (Basse-Normandie) à des études scientifiques portant sur les risques de cancer en milieu agricole. Le GRECAN est notamment en charge de la coordination d’une vaste enquête épidémiologique inédite en France qui devrait concerner plus de 180 000 personnes (étude AGRICAN).
Pour faire progresser la sécurité des agriculteurs, des outils et des formations sont mis en place, notamment par l’UIPP, afin de favoriser une utilisation plus sûre des pesticides : formations sur les bonnes pratiques, notamment à travers le réseau des écoles d’agriculture et d’agronomie.
Des programmes de recherche et développement visent à l’amélioration générale des profils toxicologiques mais également à la mise au point de produits moins dosés, de solutions innovantes, de bidons sécurisés, de monodoses...
