Revue de presse 
Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.
Un programme sans précédent pour élucider la surmortalité des abeilles
[01/08/2010] - Sur les abeillesLa Grande Bretagne consacre 12 millions d’euros à neuf projets de recherche qui vont suivre à la trace les insectes. L’un deux dirigé par le neurologue Christopher Connoly, de l’université de Dundee sera consacré aux incidences des pesticides. « Ils affectent les connexions neuronales des insectes, explique-t-il. « A haute dose, ils entrainent la mort, mais l’exposition chronique à de faibles doses peut aussi provoquer des changements plus ténus, comme la perte du sens de l’orientation, la diminution de la capacité d’apprendre et de communiquer ». Jusqu’à présent, de tels impacts ont été mis en évidence en laboratoire, mais jamais en conditions réelles et plein champ. L’équipe tentera de mettre en évidence les effets d’un ou de plusieurs pesticides sur l’activité cérébrale des abeilles au niveau cellulaire.. « Nous nous focaliserons sur l’impact combiné de plusieurs pesticides, ils peuvent ne pas avoir d’effets isolément, mais être délétères quand ils agissent en synergie ». Les pesticides de traitement des cultures, mais aussi ceux qui sont utilisés par les apiculteurs pour éradiquer les parasites dans les ruches, seront testés. L’évolution des capacités d’apprentissage d’abeilles exposées à des produits chimiques sera également évaluée en laboratoire.
Source : Le Monde | Auteur : Gaëlle DupontDes hectares de fleurs pour nourrir les abeilles. Les agriculteurs s’y mettent
[03/07/2010] - Sur les abeillesLes agriculteurs ont compris l’importance de consacrer quelques ares au butinage des abeilles. Plus de 40 ha sont en jachères apicoles. Ainsi cette année, Bernard Taillard, exploitant agricole et apiculteur amateur a ensemencé en luzerne et autre autres fleurs, 80 ares, sur les 80 ha qu’il possède. Ce qui le place au dessus de l’objectif revendiqué par le Réseau Biodiversité, à savoir une modification de 0,5% de la zone de butinage pour augmenter de deux tiers l’alimentation en pollen. Ce n’est pas beaucoup pour l’exploitant, mais les effets sur l’alimentation des abeilles et la pollinisation sont très intéressants. En tout cas pour le Réseau Biodiversité c’est la voie à suivre. « Nous souhaitons que les agriculteurs s’impliquent, chacun consacrant un petit peu de terres, un peu partout, nous pourrons éloigner la menace qui pèse sur les abeilles ».
Source : L’UnionLes abeilles décimées
[18/05/2010] - Sur les abeillesLe mystère de la disparition est abeilles est une enquête exemplaire sur un désastre écologique dont on a beaucoup parlé ces derniers temps mais de façon souvent trop schématique. Le point fort du documentaire de MarK Daniels diffusé sur Arté, c’est de donner une dimension internationale à ce problème. Pendant plus de deux ans, il a questionné les meilleurs scientifiques français, allemands, américains et canadiens. Il a rencontré aussi des apiculteurs de tous bords, du plus « écolo » à l’apiculteur américain qui n’hésite pas à introduire des antibiotiques dans ses ruches pour doper ses « danseuses ». Tous en conviennent, les abeilles domestiques sont victimes de l’agriculture intensive avec son cortège de pesticides dont les néocotinoïdes qui, à très faibles doses, perturbent le comportement. Mais il y a aussi tout un cocktail d’autres facteurs : la destruction de la biodiversité qui prive les insectes de pollen et de nectar ; les invasions de varroa…l’appauvrissement génétique des abeilles provoqué par le commerce des reines, pratique désormais courante en apiculture.
Source : Le Figaro | Auteur : Yves MisereyLe gîte et le couvert offerts aux abeilles
[13/05/2010] - Sur les abeillesAfin de préserver ces précieux axillaires de l’agriculture mais aussi de la biodiversité dans son ensemble, la société Syngenta, spécialisée dans l’agrochimie et la production de semences, a lancé cette année l’ « Opération pollinisateur » sur dix sites installés dans le centre et le sud-est de la France. Pour cela, l’entreprise a fourni aux agriculteurs partenaires de l’opération des semences de plantes mellifères en vue de les implanter en bordure de leurs parcelles, tout en leur prodiguant des conseils pour une utilisation « responsable » des pesticides. Au Royaume Uni, où l’opération a ét initiée en premier, les résultats sont spectaculaires. En trois ans, les populations de bourdons, qui avaient considérablement chuté au cours des trente dernières années, ont vu leurs effectifs multipliés par six. Syngenta n’est pas le seul industriel de l’agrochimie à « collaborer » avec les insectes pollinisateurs. L’allemand BASF participe de son côté au Réseau biodiversité pour les abeilles, qui rassemble 350 partenaires. L’an passé, 1500 ha de « couverts biodiversité » ont été semés en France. Depuis le 1er janvier, l’obligation pour les agriculteurs de consacrer au moins 1% de leurs surfaces à la préservation de la biodiversité, s’ils veulent toucher certaines subventions européennes, devrait contribuer à multiplier bandes fleuries et jachères apicoles dans le paysage. D’autant que le seuil doit passer à 5% en 2012…
Source : Le Figaro | Auteur : Marc MennessierPrès de 400 élus en rangs serrés autour de l’abeille menacée
[30/03/2010] - Sur les abeillesPrès de 400 élus, dont 186 parlementaires, ont signé mardi à l'Assemblée nationale une Charte de soutien aux abeilles et aux apiculteurs, par laquelle ils s'engagent à renoncer aux pesticides toxiques pour ces butineuses dans leurs collectivités."Après avoir survécu à tous les changements climatiques, les abeilles sont menacées en raison de mutations profondes de l'environnement dues notamment à des pratiques agricoles inadaptées et particulièrement l'emploi abusif de produits phytosanitaires", écrivent ces députés et sénateurs, auxquels se sont joints 200 élus d'Ile-de-France. Parmi eux, des Verts, tels le député Yves Cochet ou la sénatrice Marie-Christine Blandin, mais aussi des élus de toutes appartenances et régions comme Claude Bartolone de Seine-Saint-Denis, de Moselle, André Chassaigne du Puy-de-Dôme, François Grosdidier de Moselle et Martial Saddier, député de Haute-Savoie et auteur d'un rapport sur la filière apicole en 2008. Plusieurs députés de la majorité comme Patrick Balkany et Joëlle Ceccaldi-Raynaud (Hauts-de-Seine) font partie des signataires. Alarmés par le constat selon lequel, "en France, depuis 1995, près de 30 % des colonies d'abeilles disparaissent chaque année", ils s'engagent "à ne pas utiliser de produits phytosanitaires toxiques pour les abeilles dans les espaces verts des collectivités", à "ne pas favoriser la mise en culture de plantes OGM" et à soutenir une "agriculture respectueuse de l'environnement" Cette charte, symboliquement signée mardi à l'Assemblée nationale, est une initiative de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) avec le MDRGF (Mouvement pour la défense et le respect des générations futures), la Ligue pour protection des oiseaux et Agir pour l'Environnement notamment. Avec l'appui des élus, en pleine année internationale de la Biodiversité, ces associations espèrent "remettre en question l'escalade chimique" qui menace, estiment-elles, l'ensemble des insectes pollinisateurs. Or, rappelle la Charte: "Plus de 80 % de notre environnement végétal est fécondé par les abeilles (et) près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux...) dépend exclusivement de l'action fécondatrice des abeilles".
Source : AFPLa mystérieuse dépopulation des abeilles se poursuit aux Etats Unis
[29/03/2010] - Sur les abeilles
La soudaine dépopulation des abeilles domestiques observée pour la première fois aux Etats-Unis fin 2006 se poursuit, mobilisant chercheurs et apiculteurs pour percer ce mystère et préserver les récoltes qui dépendent de ces insectes pour leur pollinisation. Ces productions, surtout les fruits et certains légumes représentant des ventes de 15 milliards de dollars par an, comptent pour un tiers de l'alimentation humaine. Ce phénomène appelé "colony collapse disorder" ou CCD décrit la rapide disparition des ruches de millions d'abeilles adultes et s'est également produit ailleurs dans le monde, dont en Europe. Les scientifiques ont avancé différentes hypothèses -- virus, parasites, insecticides, malnutrition et autres facteurs environnementaux -- sans pouvoir encore déterminer une cause spécifique. Selon Jeff Pettis, responsable du laboratoire de recherche sur les abeilles le phénomène du CCD résulte probablement "d'une combinaison de facteurs" avec apparemment un rôle prépondérant des pesticides (insecticides, fongicides, et herbicides) dont l'usage s'est fortement accru ces dernières années."Amener ses abeilles dans des zones de cultures agricoles entraîne de plus grandes pertes et nous pensons que cela est lié aux pesticides", a expliqué David Mendes, notant que malheureusement "on ne dispose pas des données
(scientifiques) pour appuyer ces observations"."Le recours aux pesticides a fortement augmenté, rendant les activités d'apiculture plus difficiles", a dit cet apiculteur de Géorgie (sud). Cette observation est confortée par les résultats d'une recherche conduite dans 23 Etats américains et au Canada, récemment publiée dans la revue scientifique PLOS (Public Library of Science).Ces chercheurs ont découvert 121 différents pesticides dans 887 échantillons d'abeilles, de cire, de pollen et d'autres éléments de ruches. "La variété des éléments que nous voyons dans le pollen et les abeilles elles-mêmes est préoccupant", même si aucune des doses de ces produits chimiques n'est suffisante pour tuer ces insectes, a dit Jeff Pettis, co-auteur de cette recherche. "Ce n'est peut-être pas la seule cause (du CCD) mais c'est un facteur qui y contribue", a-t-il jugé. Selon lui, le phénomène global de déclin des populations d'abeilles domestiques et sauvages observé mondialement résulte "probablement de la destruction de l'habitat naturel et de l'expansion des zones agricoles".
Un collectif pour « sauver les abeilles » au siège de l’Afssa
[25/03/2010] - Sur les abeillesUne demi-douzaine de membres du Collectif "Sauvons les abeilles, sauvons les hommes" se sont rendu jeudi au siège de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) pour dénoncer le danger des pesticides. L'objectif de cette action était de "rappeler le danger de la plupart de pesticides, notamment l'insecticide Cruiser, pour les abeilles comme pour les agriculteurs", a expliqué à l'AFP Rémi Filliau, porte-parole de ce collectif nouvellement créé. "Nous voulons envoyer un message aux décideurs à l'occasion de la semaine sans pesticides", a-t-il ajouté, précisant avoir rencontré la directrice générale adjointe de l'Afssa, Valérie Baduel. Apiculteurs et associations de défense de l'environnement estiment que les pesticides sont en grande partie responsables de la surmortalité des abeilles. Soulignant que le taux de surmortalité de 30 à 35 % des abeilles, du à une multiplicité de causes, n'était "plus contestable", un rapport parlementaire avait préconisé fin 2008 le renforcement urgent de la filière apicole.
Source : AFPLes abeilles toujours menacées
[18/02/2010] - Sur les abeillesLes apiculteurs ne sont pas à la fête. Après le Gaucho, un pesticide accusé de tuer les abeilles, le ministère de l’Agriculture vient d’autoriser, pour la troisième année consécutive l’utilisation du Cruiser. Il s’apprête à homologuer le Proteus pour les semis de printemps. Ces insecticides dits à « haute persistance » se retrouvent du semis à la floraison mais aussi au stade de la «guttation », quand les plants secrètent un liquide devenu toxique qui tue les insectes butineurs en quelques minutes. « On retrouve nos abeilles mortes en plein champ. Mais pour les pouvoirs publics, qui ne prennent en compte que les mortalités aigües, ça ne compte pas », déplore Sophie Dugué, spécialiste des pesticides à l’Unaf. L’Unaf qui demande le retrait immédiat du marché de tous les pesticides à base de néonicotinoïdes, s’appuyant sur une récente étude de l’Inra qui met en cause ces produits dans la disparition des abeilles.
Source : 20 minutes | Auteur : Charlotte MannevyUn nouvel institut technique apicole sème le buzz chez les apiculteurs
[21/01/2010] - Sur les abeillesLa création d'un institut technique spécifique pour les abeilles divise les apiculteurs, dont certains reprochent au nouvel organisme un manque d'indépendance vis-à-vis des industriels des pesticides, incriminés dans la surmortalité des abeilles. La mise en place de cet "Institut technique et scientifique de l'abeille et de la pollinisation" est "un pas décisif" pour sortir de la crise apicole, a estimé Joël Schiro, président du Syndicat des producteurs de miel de France (SPMF) lors d'une rencontre jeudi avec la presse. Car, sans cet institut, "comment répondre aux questions sanitaires et techniques?", s'est-il interrogé. Mais l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) voit dans la création de cet institut "la mainmise de l'agrochimie sur l'apiculture" et a appelé à manifester vendredi à Paris devant le siège de cet organisme. La création de l'institut, où toutes les organisations apicoles sont représentées, fait suite à une recommandation du député de Haute-Savoie Martial Saddier (UMP), auteur d'un rapport sur la surmortalité des abeilles à la demande du Premier ministre. Pour l'Unaf, la surmortalité des abeilles est due principalement à l'utilisation de pesticides qui affaiblissent les défenses immunitaires de ces insectes. Elle craint que le conseil scientifique du nouvel institut ne néglige cette piste. Pour le SMPF, "il serait bien trop simple d'affirmer que c'est la cause unique de toutes les mortalités". "Le vrai problème, c'est qu'on a en France sur les exploitations, 30% de bourdonneuses, des abeilles dont la reine est devenue stérile, ce qui entraîne la disparition des ruches", un phénomène que "personne n'est en mesure d'expliquer", assure-t-il. Les divergences dans le syndicalisme apicole sont dues à "des clivages entre producteurs professionnels et amateurs", selon Yvon Garros, représentant du SPMF. Et "il y a une deuxième ligne de fracture" entre les apiculteurs prêts à "aborder leurs problèmes avec les agriculteurs" et ceux qui "n'ont qu'un seul objectif: que l'apiculture reste à part avec ses propres méthodologies", ajoute-t-il. Selon lui, "le problème des intoxications ne peut se régler qu'avec les agriculteurs".
Source : AFPMortalité des abeilles : leur alimentation pourrait également être en cause
[21/01/2010] - Sur les abeillesDeux études de l’INRA Avignon soulignent leur extrême dépendance vis-à-vis de l’environnement. Elles montrent que des abeilles nourries avec du pollen issu de cinq espèces différentes de plantes ont un système immunitaire beaucoup plus efficace pour lutter contre les pathogènes que celui d’autres congénères nourries avec du pollen d’une seule fleur. L’autre étude montre pour la première fois qu’à des doses infinitésimales (0,1 partie par milliard), l’imidaclopride a des effets sur les abeilles. Pas sur toutes les abeilles mais sur des individus contaminés par un microchampignon (Nosema ceranae) à l’origine de la nosémose, une maladie plus virulente dans les régions méditerranéennes que dans le nord de l’Europe. Il y a donc une synergie entre pesticides et pathogènes. Chez Bayer, la firme qui produit l’imidaclopride, on souligne que cette expérience de recherche fondamentale ne permet pas de déduire les effets sur la ruche et qu’il faut avant tout améliorer la santé des abeilles.
Source : Le Figaro | Auteur : Yves MisereyOn va donner à manger aux abeilles
[20/01/2010] - Sur les abeillesEn mal de pollen, affaiblies parles virus, les maladies et les pesticides largués sur les cultures intensives, les colonies d’abeilles se verront bientôt offrir… des fleurs par le gouvernement. Pour venir en aide aux butineuses, le secrétaire d’Etat au Logement, Dominique Bussereau et son homologue à l’Ecologie, Chantal Jouanno, ont en effet décidé dès le printemps prochain de semer des « espèces végétales » le long de 250 km de routes. Objectif du gouvernement : « Améliorer le bol alimentaire des abeilles et contribuer au maintien de leurs défenses immunitaires ». Cette initiative, menée dans six grandes régions, pourrait être étendue à terme à l’ensemble du réseau routier national, soit 12 000 km de routes.
Source : Aujourd’hui | Auteur : Frédéric MouchonL’usage du pesticide Cruiser prolongé malgré l’opposition des apiculteurs
[17/12/2009] - Sur les abeillesLe ministère de l’agriculture a annoncé, mardi 15 décembre, le renouvellement pour un an de l’autorisation d’utilisation de l’insecticide Cruiser, don le retrait est réclamé par les apiculteurs et les associations de défense de l’environnement en raison des risques qu’il comporterait pour les abeilles. « Compte tenu des inquiétudes exprimées par plusieurs syndicats professionnels apicoles, l’autorisation délivrée (…) devra faire l’objet d’une nouvelle évaluation de l’Afssa avant d’être renouvelée », indique le ministère. L’Afssa avait rendu un avis favorable le 1er décembre. « De renouvellement d’un an en renouvellement d’un an, cela devient une autorisation permanente qui ne dit pas son nom », estime Arnaud Gossement, porte-parole de la FNE. « Le Cruiser n’est pas ré autorisé en Allemagne, il est interdit en Italie, je ne comprends pas la politique menée en France », a indiqué Henri Clément, président de l’Union nationale de l’apiculture française.
Source : Le MondeLe livre du jour « Mystère dans les ruches »
[04/10/2009] - Sur les abeillesL’histoire des mortalités d’abeilles n’est pas simple. Les scientifiques sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à explorer la piste « multifactorielle ». L’abeille semble victime d’une accumulation de déséquilibres : présence généralisée des pesticides dans l’environnement, mais aussi virus, parasites, mauvaise alimentation due à l’intensification de l’agriculture, pratiques apicoles favorisant la productivité plutôt que la résistance aux maladies… Vincent Tardieu entraîne le lecteur dans le dédale des publications scientifiques, les méandres des rivalités entre clans, tout en restant clair, agréable à lire et en ménageant des rebondissements, tâches difficiles tant le sujet est complexe. Vincent Tardieu a voulu mener une enquête pointue, rigoureuse, documentée, et sans parti pris. Pari tenu.
Source : Le Monde | Auteur : Gaëlle DupontLes pesticides agitent le monde des abeilles
[24/09/2009] - Sur les abeilles« La recherche doit prendre plus en compte l’analyse des apiculteurs, encourage Franz Hecker, président du syndicat apicole allemand, car sur le terrain, nous voyons au moins cinq voies d’exposition des abeilles aux pesticides, mais seules une ou deux sont étudiées. « Pour Jean Sabench, de la Confédération paysanne, c’est clair : la recherche publique est aujourd’hui « noyautée » par le lobby des pesticides. « En 2007, l’Afssa a par exemple autorisé l’utilisation du pesticide Cruiser en s’appuyant sur les seules études du fabricant Syngenta soi-disant réalisées entre 2006 et 2009 ! » Un sentiment partagé par Jan Slaby, secrétaire d’Etat au ministère de l’Agriculture slovaque : « Le risque de la toxicité chronique des pesticides n’est pas suffisamment étudié, il est absolument nécessaire de changer la législation de l‘UE rapidement ».
Source : L’Humanité | Auteur : Christelle ChabaudLes hécatombes d’abeilles ont des causes multiples
[19/09/2009] - Sur les abeillesPour la première fois, un consensus émerge dans le monde scientifique et apicole sur les causes des surmortalités qui affectent les populations d’abeilles de la plupart des continents. Ce tournant est perceptible au congrès Apimondia, qui réunit à Montpellier du 15 au 20 septembre, 500 scientifiques spécialistes de l’abeille et 10 000 participants. Après plusieurs années marquées par la recherche infructueuse d’un « tueur » patenté de l’abeille – virus, parasite ou pesticide -, la théorie de facteurs multiples, qui agiraient séparément mais aussi combineraient leurs forces, est de plus en plus partagée. C’est désormais l’axe de recherche privilégié. « Nous n’avons toujours pas d’explication claire du phénomène, mais nous sommes sûrs qu’il n’a pas une cause unique », affirme le biologiste Peter Neumann, responsable d’un programme international de prévention des pestes colonies baptisé Coloss. « On peut faire un parallèle avec la grippe chez l’homme, qui peut avoir des conséquences graves si l’organisme est déjà affaibli, a expliqué Jeff Pettis, directeur de recherche au ministère de l’agriculture américain. Je pense que l’abeille est soumise à toute une série de stress, et que les virus et autres pathogènes sont des opportunistes qui la tuent parce qu’elle est déjà affaiblie ». Il y a bien sûr la présence du Varroa, surnommé le « vampire de l’abeille » ; le changement climatique qui raréfie les disponibilités en eau ; les effets de l’exposition chronique aux faibles doses de pesticides présentes partout dans l’environnement et les interactions entre les multiples molécules utilisées ne sont pas correctement évalués. Enfin, l’appauvrissement de l’alimentation des abeilles, dû aux monocultures intensives, serait également en cause. « On sait qu’avec un pollen dont la valeur nutritive est faible, l’abeille est moins bien armée pour détoxifier les «pesticides », explique Axel Decourtyre, spécialiste des abeilles à l’ACTA.
Source : Le Monde | Auteur : Gaëlle Dupont